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Exposition de Maryvonne JEANNE-GARRAULT

par galeriedebretagne.over-blog.com 24 Mai 2011, 07:50 Hors les murs

 

2007 coup de vent 130x97Partition Bretonne

  Exposition- Evenement

des peintures de 

Maryvonne  JEANNE-GARRAULT  

 

 

 

Coup de Vent

1994. 130x97cm

 

du 10 juin - 10 septembre 2011  

   au Club house du GOLF DE KERBERNEZ.  

route des chateaux Plomelin.

www.golfedekerbernez.com   

 

L'exposition comportera des grands formats du peintre. En permanence à la Galerie de Bretagne, retrouvez également les oeuvres de l'artiste.

 

1994_galoches_formica_hp_50x40.jpg

 

 Galoches.

1994. 40x50cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

maryvonne_jeanne_garrault_02.jpg

 

 

 

 

Maryvonne JEANNE-GARRAULT


www. jeanne-garrault.com

 

   Née en 1944 à Ploujean (Finistère), Maryvonne Jeanne-Garrault vit  depuis 1979 en Bourgogne.

            Après un formation classique qui l’a conduite au professorat de dessin et d’arts plastiques (B.A. agrégation) elle décide de cesser en 1985 cette activité passionnante mais trop prenante pour se consacrer essentiellement à un travail personnel plus particulièrement orienté dessin. 

            Parallèlement elle développe avec succès un travail sur ordinateur, œuvrant parmi les «pionniers».

            En 1995, l’extrème virtuosité des machines lui donne envie de reprendre les pinceaux.  "Mes greniers", les sujets choisis s’attachent toujours à l'homme, aux marques du temps. C’est cette sensibilité à la trace, à la disparition, à la mémoire qui a déclenché un coup de cœur face aux photographies de Bretagne de Constant Puyo.

            Dans ces photographies qui ont servi de base à certaines de ces évocations bretonnes, c'est la vision du peintre dans la photo qui l'intéresse. C'est la rencontre d'un regard inconnu mais complice face à un monde disparu mais encore fondamentalement présent. Elle attend ainsi dans ses tableaux l'émergence de’ images fugitives enregistrées à un âge où la conscience de l'art n'existait pas encore dans sa pensée.

            «Je cherche dans ma mémoire une Bretagne que j'aurais pu connaitre, qui m’a été cachée, où ma Grand'mère a vécu, mais dont elle ne parlait pas."


  EXTRAITS DE PRESSE

 

  Il y a la force du granit dans la silhouette massive des «femmes en noir», à la fois images d’une puissante culture et d’une profonde humanité. Pierre-Yves Collinet «Le Télégramme» Magazine

  

Un grand coup de cœur pour les peintures de Maryvonne Jeanne-Garrault, une artiste de Côte d'or qui nous invite à un voyage en pays bigouden.        

            Le travail peut sembler classique. Il ne l'est pas. Au premier abord on découvre des femmes en habit traditionnel, des Bigoudènes en longues robes noires et coiffées de blanc. Toutefois la construction est originale, car les personnages sont vus de dos ou de 3/4 arrière. Les visages sont pratiquement absents. Seule compte l'attitude des corps, statiques, rigides, et l'espace qu'ils occupent. Les fonds de tableaux sont pratiquement abstraits. Enlevez d'ailleurs quelques éléments réalistes - une tête, un sac à main - et la toile devient complètement abstraite.

            Le triptyque baptisé "Solitude" se distingue par un élément contrastant sur cette peinture dominée de gris et de noir. Une cagette jaune vif, remplie de fruits tout aussi jaunes et aussi vifs, vient rompre la monotonie, et donner de la vie à ce qui apparait comme une langueur un peu monotone.… Jean-François Laville   L'EST ECLAIR  Salon artistique de l'Aube et de Champagne

            La figuration noble de Maryvonne JEANNE-GARRAULT ne dit jamais la surface des choses ou des êtres, mais d'abord l'affirmation de la présence des choses et des êtres, avec quelque chose d'imposant, de crucial, voire d'implacable. Mais dans le même temps, il y a fragilité et mystère, et au-delà de l'apparence, cette sorte d'absence envoûtante qui absorbe les trop-pleins de l'évidence et qu'on appelle parfois sensibilité. Christian Noorbergen(Critique d'art. ARTENSION: Libération Champagne

Sensible au temps qui passe, Maryvonne JEANNE-GARRAULT ressuscite dans ses toiles la mémoire de sa grand’mère bretonne qui ne se livrait guère.(…) Maryvonne Jeanne-Garrault a  réussi par un travail contemporain à rendre vivante une Bretagne du passé. Par ses larges traits de pinceau elle donne force et densité à chacun de ses personnages. (…) Priorité est donné au mouvement (…)… Parfois les personnages sont vus de dos, ce qui permets d’aller dans la même direction qu’eux, de marcher dans leur sillage, comme si ces peintures étaient une invitation à les suivre. (…) On perçoit l’urgence à saisir cette réalité. (…) L’important est bien là : une vie, toute une vie d’une Bretagne authentique, tantôt joyeuse, tantôt grave. de Marcel, Maisons CÔTE OUEST  2006


 

La Madeleine bretonne

 

            Maryvonne Jeanne-Garrault à l’Abbaye de Molesmes. L’occasion pour le peintre de dériver lentement du temps présent au temps jadis, et de pêcher au passage une perle magnifique: le temps retrouvé.

            C’est dans le passé que Maryvonne Jeanne-Garrault a cherché l’inspiration, un passé qui était « le présent des autres». Les tableaux fêtent donc dans un gris-bleu dominant, les retrouvailles fécondes entre le temps perdu, -un vieux panier d’osier dans un grenier-, et un temps présent immortalisé par une photographie jaunie, mais terriblement en vie.

            La vie. C’est le nerf de la guerre. Maryvonne Jeanne-Garrault, à force de -se battre avec le sujet», parvient ni plus ni moins à fabriquer un temps neuf, véritable éloge de la vie. Vie passée ou vie présente qu’importe, puisque c’est une vie retrouvée. Céline Gillot  pour LE BIEN PUBLIC 1995

 

   Dessins d’automne jouant dans la lumière

 

            Une femme en blouse blanche arpente une grande pièce, un tableau à la main, l’air perplexe: Maryvonne Garrault procède à l’accrochage de ses «Dessins d’Automne».

            Il ne faut pas croire que la vie du tableau s’arrète au moment de la signature apposée au bas du dessin. Non. La vie de l’œuvre commence bel et bien quand elle s’appète à être exposée au regard de tous, d’où l’importance de l’accrochage, de la disposition de chaque dessin sur les murs de l’atelier.

            La lumière, un des acteurs principaux de ces tableaux, doit elle aussi être distillée avec précision. Maryvonne Garrault veille à l’éclairage des dessins avec minutie, exigence. Son travail est un peu une mise en abyme: apprivoiser la lumière au moment de peindre le tableau, puis choisir le jour qui éclairera le tableau…

              Les dessins d’Automne hésitent entre réalisme rustique et tradition surréaliste. L’artichaut qui trone sur une chaise est bien plus qu’un artichaut, c’est un hymne aux nuances de vert, à la générosité d’un légume que l’on peut aussi _ et seulement - regarder.

 

… Il n’est pas si facile d’affirmer que la cafetière est bleue, que le cageot est lumineux. Céline Gillot  pour LE BIEN PUBLIC 1996


 

Maryvonne JEANNE-GARRAULT et le peuple breton

 

 

            Les talents du peintre Maryvonne Jeanne-Garrault sont multiples. Bien qu’ils fussent déjà connus en d’autres lieux, ce n’est que depuis quelques années qu’on a pu les découvrir en Bretagne alors que curieusement une importante partie de son œuvre est consacrée à ce beau pays. C’est quasi pudiquement au cours d’expositions successives à Pleyber-Christ, Lampaul-Guimiliau, Plougasnou, Carantec, Saint-Pol, tous noms fleurant bon le Léon, que Maryvonne Jeanne-Garrault nous dévoile sa lecture des paysages et sa vision d’un peuple dans ses costumes et pratiques traditionnelles. Ces peintures ne seraient-elles que des cailloux blancs destinés à nous permettre de retrouver une piste et laquelle

 

            Maryvonne Jeanne-Garrault fait partie de cette heureuse génération qui tout en participant des lumières (?) de la modernité a eu la chance de connaitre ce fabuleux ancien monde breton qui bascula et disparut en dix années à la fin des années soixante. Dès son enfance elle est comme enchâssée dans le merveilleux cadre morlaisien, ses rues et ses places bordées de maisons médiévales à pans de bois et sa baie maintenant classée au patrimoine mondial. Bien qu’en sursis depuis la perte de son port commercial, ouverture vers le monde, ses appétits culturels et son esprit rebelle subsistaient alors autour de la vieille bibliothèque municipale. Elle grouillait les jours de marché de paysans et de paysannes en costumes, et le breton du Léon sonnait haut et clair sous le viaduc de granit.

            L’enfant qu’elle était fut vivement touchée du charme archaïsant de ces spectacles. Elle s’émerveillait de la beauté de ces coiffes volant au vent, de la force de ces corps lourds mais souples aux critères si peu classiques, et de toute la vitalité de ces conversations passionnées. L’attirance vers ce monde et ces gens étranges avait de plus, pour elle, l’attrait de l’interdit, de l’infréquentable. Son père, comme beaucoup de cadres de l’époque n’appréciait pas la civilisation paysanne et ne souhaitait pas que sa fille aille se frotter à ces «ploucks» et encore moins partager leurs danses et leurs plaisirs.

             C’est peut-être pourquoi plus que d’autres Maryvonne Jeanne-Garrault, dont étrangement la grand-mère en coiffe avait banni la ruralité de sa mémoire, intériorisa, capitalisa les images et les sensations qu’elle mit de longues années à nous restituer. Je n’oublierai jamais la première exposition qu’elle présenta à Pleyber-Christ en 1966, son émotion quand elle évoqua ce monde interdit et combien elle aurait souhaité que ce père fut encore présent pour assister au «dévoilement» de sa fille, pour qu’il puisse découvrir que Bretagne rime avec beauté.

            Maryvonne Jeanne-Garrault s’offre ainsi témoin et actrice d’un monde en dissolution. Elle l’œuvre et en même temps le régénère par la dissolution des contours, loin de l’incision froide de l’ethnologue. Elle vise à l’essentiel, à la substance, en refusant l’apparence et en efface les tares. Elle ne conserve que la sensation des rudes ou douces étoffes froissées entre les doigts, un rayon de soleil rebondit sur une épingle de pardon, l’éblouissement festif de ces merveilleuses broderies que les Japonais nous arrachent. On devine les fortes odeurs qui s’exhalent de ces corps dont les lourds plis dissimulent les sueurs. La touche est large, pleine et forte, beaucoup de noir et de bleu foncé, plaquant sur la toile vierge la masse sombre des étoffes en mouvement piquée de l’éblouissement des collerettes immaculées. On peut entendre le bruit des sabots quand les pas martellent le sol en terre battue, on devine les «you-uou» de ces danseurs sans visages.

            Ce sont des ombres en collectif qui refusent de mourir, que nous présente Maryvonne Jeanne-Garrault, ombres de sa mémoire, ombres de sa joie et de sa douleur, auquelles nous adhérons car nous sentons la vérité au-delà de tout folklore. Elles nous crient de ne pas les oublier dans sa course effrayante qui entraine nos vies et nous donnent un peu de leur incontestable force vitale. Claude-Youenn Roussel chercheur en ethno-histoire  Novembre 2002


 

D’un carnet de voyage

 

 

            "Allons-Enfants!", c'est le nom d'un restaurant français. Un repaire à classieux et fines gueules suspendu mieux qu'un Corcovado au vert du Jardim Botânico. Un flatte-papilles pour montparnaux au cœur de Rio de Janeiro.  

 

            J'y ai ma table en hiver comme j'avais mon rouleau à serviette au Pied de Fouet au temps où Paris valait encore quelque messe. Le Pied de Fouet, rue de Babylone, à côté du ciné la Pagode. A Rio j'écris dans un studio au pied de Babilônia, et je passe mes nuits dans l'un ou l'autre de ces lieux qu'on appelle PAGODE, où se danse la gafiera.

            J'y ai ma table contre un ou deux tableaux que je laisse aux murs à chaque voyage. Tableaux d'amis ou œuvres amies que j'amène de France pour unique bagage.

            Au mur était un Maryvonne Garrault.

 

            Deux pêcheurs à un quai, la vareuse orangée et le béret tangué comme un chasse-marée.

            Un journaliste de Globo, une caipirinha dans chaque main, s'invita à ma table. Le silence est ma mie  mais la cachaç' aussi.

            -"Ca c'est la Bretagne! me dit-il en français, désignant le Garrault.

            - Oui, c'est même Douarnenez.

            - Non, non, vous n'y êtes pas; je ne parle pas de sujet, des personnages ou du paysage, je parle du geste, je parle de l'âme.

            - Continuez…

            - Le dessin et la couleur, le geste et l'âme…C'est la Bretagne

            - Quoi la Bretagne?

            - J'y suis allé une fois. Ce n'est pas une région de France, c'est un pays. Regardez le dessin, c'est un bateau; observez bien le jeu des couleurs, c'est le voyage. Le peintre…

            - La peintre…

            - Ah… quand je parlais de l'âme…

            - Eh bien la peintre n'a pas représenté des marins mais le voyage tout entier. Chaque trait, du froc jusqu'aux épaules est ferme et solide comme un mât, ses vergues ou une proue. Et les couleurs y jouent comme le vent dans les voiles. Le trait est dur et le voyage léger. Pas de voilier sans vent et pourtant on ne le voit pas. On ne voit pas la force qui permet d'avancer.

            Sur ce tableau c'est la même chose. On voit deux marins, mais ce qui fait sa force est là sans être visible. Et cette force est l'âme de la Bretagne.

Ce tableau c'est la Bretagne!"

 

Les Bretons partent toujours.

            Partent toujours avec la Bretagne pour unique bagage    

Henry Le Bal  à Maryvonne Jeanne-Garrault 

Décembre 1996

 

 

A propos d’une exposition  

Taolenniñ a ra maouezed o gwiskamantoù breizat, du pe gant o livioù. Div-ha-div int, pe a-unstroll, bugale ganto a-wechoù, war o labour, er brocesion, war hent ar gouel, en o diviz, pe evel o c’hortoz e vefe tennet o foldred. A-gevret int, skoaz-ouzh-skoaz. O emglev a santer, hini ar meuriad. Eno emañ ar vuhez, boutin, met hep he far, hini ar momedigoù amzer gant o flijadurioù bihan. Eno emañ da vat ivez ar maouezed-se, fetis, ken ma seblantont eoriet da vat en amzer-vremañ.

A-wechoù, an tudennoù a zo pesketourien; a-stroll int ivez, war gae ar porzh, daouilinet war ur voger bennak, vak o doare.

Pa daolenn al livourez traoù an ti e soñjer ne chomint ket pell en o flas. Met lemm eo he sell: ar vaouez o treiñ he c’hein, o strivañ da chom war-sav, stouet, n’hell bezañ nemet ur vretonez, ur vigoudenn, gant un namm en he divlez, a-dra-sur. Korfoù an dougerezed-bannieloù a vez kemm en o emzalc’h gant ar striv.

Gwirion eo an doareoù-bale, ar jestroù, ar c’horfoù: kilpenn ur vaouez a sko warnañ seizennoù he c’hoef a zo oc’h analiñ. A-wechoù n’eo nemet damdreset an daouarn, an divhar, ar c’hoefoù…, an dremmoù ne ziskouezont ket o linennoù, met tachadoù skeud ha liv. Echu-brav eo an oberennoù hag an dioueroù-se, souezhusat tra, a ro un tu kreñv d’o doare.

Pep livadur a sach hag a zalc’h al lagad. O gwelout asamblez avat a zo sebezus, dre ma seblant pep unan degas un dra bennak d’ar re all. Ha ma paouezit da sellout outo, e chom o louc’h garanet ennoc’h. Rak ur galv d’ar vuhez ez int.**

Per Diolier  Février 1999 poète breton, collaborateur de la revue AL LIAM

  

 

"Elle peint des femmes en costume breton, noir ou coloré. Elles sont par deux, ou en groupe, avec des enfants quelquefois, au travail, à la procession, allant vers la fête, en conversation, ou comme posant pour la photo. Elles sont ensemble, épaule contre épaule, on ressent leur connivence, grégaire. La vie est là, ordinaire, mais irremplaçable, celle des petits bouts de temps qu’éclairent les menus plaisirs. Mais ces femmes sont tellement présentes, denses, qu’elles semblent s’ancrer dans notre modernité.

Les personnages sont parfois des pècheurs, par groupes eux aussi, au port, accoudés à quelque mur de quai, comme largués à terre.

Sur les chaises, des natures mortes, les objets sont là pour une pause.

Le regard du peintre est aigu. La femme que l’on voit de dos, dans l’effort d’une posture debout, inclinée, ne peut être qu’une Bretonne, une Bigoudène, avec une atrophie des hanches, sans doute. L’effort conditionne les attitudes, comme celles des porteuses de bannières.

Les allures les gestes, les corps sont vrais: la nuque d’une femme, battue par les rubans de la coiffe, respire. Les mains, les jambes, les coiffes… ne sont parfois qu’ébauchées, des visages n’ont pas de traits, les ombres les colorent. Sur ces œuvres achevées, ce manque apparent, paradoxalement est une expression forte.

Chaque toile attire et retient le regard, mais leur ensemble est saisissant, tant l’une fait son apport à l’autre. Et même si on ne les regarde plus, elles continuent de vous interpeller. Elles sont une invitation à la vie. "


 

A moins que…  

                A moins que tout ceci soit une partie de “dames”. Une partie jouée sur un damier. La toile comme plateau de noir et de blanc.

 

                Car enfin il s’agit bien de ces deux couleurs. Pour peu que l’on s’y astreigne, oh, sans grand effort, on ne voit guère plus qu’elles. Des taches de blanc, des taches de noir, toile ou papier d’un damier décomposé.

Un échiquier à la marqueterie livrée en apparence au hasard, cases blanches et noires du cache cache d’un çà-et-là qui feindrait le désordre pour mieux perdre le joueur.

 

                Noir et blanc, blanc et noir, un damier sur lequel évoluent quelques bleus, des bleus comme des pions, les pions de ce jeu aux règles fort simples, aux combinaisons infinies.

Quelques bleus avançant sur la toile ou le papier pour “arriver à dame”.

 

                Dame…

                Dames. Mais quelles sont-elles en fait ces dames de Garrault?

Car des bretonnes ainsi coiffées de blanc, ainsi costumées de noir, on ne les rencontre plus nulle part, sauf dans des fêtes folkloriques.

Quelles sont-elles s’il s’agit de peinture et non d’imageries d’Épinal? Car enfin le style, la patte, plaide en faveur de l’art et non de la facilité, de la facticité.

 

                Quelles sont ces dames si elles ne sont pas “en costume”?

                Ou quel est ce costume puisque le peintre, “la” peintre, sait trop bien qu’il n’existe plus, qu’il n’existe pas? On ne peint pas sans cesse un passé qui n’est plus, ce serait là faire montre d’une peinture qui n’est pas. Chaque art a son présent, chaque art est ce présent puisque c’est lui que l’art affronte dans ce corps à corps qui fait la vie de l’artiste.

 

                Quel est donc ce costume si ce n’est le costume même de la peinture, le vêtement de cérémonie. La peinture comme cérémonie et comme habit rituel de l’acte de peindre. Le rituel du corps à corps.

Toute l’œuvre est en celà et il faut un déquisement pour le décrire et le dire. Toute œuvre n’est que le déguisement de ce corps à corps.

 

                Ainsi toutes ces dames rituellement vêtues ne seraient qu’une seule et même personne, Garrault, “la” peintre, personnage unique sur les blancs et les noirs du damier de l’œuvre, avançant vers le bleu de la peinture elle-même qui “fait dame”.

 

                L’art est ce jeu suprème auquel ne peuvent jouer que ceux qui ne jouent pas.

Noir, blanc. blanc, noir, et le bleu pour “faire dame”.

 

Henry Le Bal, Ouessant Avril 1999


 

Bretagne, Bourgogne, Languedoc,

 

                Trois anciennes provinces qui se retrouvent aujourd’hui en résonance au travers de l’œuvre de Maryvonne JEANNE-GARRAULT. Trois provinces au passé présent qui invitent à une méditation dont ces femmes en noir sont le trait d’union. Ces œuvres traduisent pour l’artiste, déracinée au cœur des terres bourguignonnes, sa cuture première, son enracinement, sa terre.

                Est-ce que ce sont des souvenirs lointains qui font disparaître ces visages pour ne retenir que la tache claire des coiffes et évoquer avec plus de force encore les attitudes, les ports de tête?  Maryvonne Jeanne-Garrault a saisi l’essentiel, cette longue attente, ces corps solides, ces vêtements sévères que l’on retrouve dans la tradition méditerranéenne, mais qui ici, baignent dans un paysage dont seule l’atmosphère particulière est transcrite, ciel plombé, couleur d’ardoise, brumes marines qui gomment les limites de l’océan. Le spectateur est pénétré par cette Bretagne profonde, forte et inattendue.

 

                Peinture contemporaine qui saisit l’esprit d’un pays marqué du sceau d’une longue histoire émergeant sur nos rivages d’aujourd’hui.

                Peinture forte et sereine d’un pays de traditions profondes qui se renforcent tous les jours loin des lumières méridionales, celles de ces pays languedociens qui voudraient eux aussi retrouver l’histoire de leurs dames en noir.

                Peinture sans nostalgie qui nous restitue l’âme de cette Bretagne secrète et attachante avec sa lumière si particulière et le charme de ses traditions.

 

                               Vibrations subtiles des gris, traités en aplats rapidement posés, geste vif de l’artiste qui saisit toute la force évocatrice d’un instantané, d’une attitude, d’une lassitude et transcrit ainsi toute son émotion.

                Les âmes de toutes ces Bretonnes, chères à Maryvonne Jeanne-Garrault vivent dans ses toiles et habitent maintenant notre mémoire.

 

Jean-Louis COUDROT  Conservateur en chef du Musée du Châtillonnais.  Chatillon-sur-Seine. Côte d’Or  été 2000

 

 

Les vieilles

 

Quatre vieilles qui prient à l’unisson

Quatre vieilles qui demandent pardon

Quatre vieilles en habit de crayon

Quatre vieilles en droguet de façon

pour,

 

Deux vieilles croqueuses d’hameçons

Deux vieilles en robes de tessons

Deux vieilles en queue de poisson

Deux pauvres vieilles sans prétention

 

Deux vieilles offertes sans façon

Un jour de pluie, de capuchon

 

C’était je crois un mercredi.

Je n’ai pas perdu au change, pardi!

 

Samson 2005 André Le Goff, fin pêcheur…


 

« Les Murs de la Tuilière »

 

Les marques du temps, l’émergence d’images fugitives enregistrées dans son enfance, Maryvonne Jeanne-Garrault recherche la trace, la mémoire, devient complice d’un regard dans ses coups de coeur face aux photographies de Bretagne ou d’ailleurs.

 Alors, par la force de son dessin, la maîtrise du geste de ses pinceaux, la vie ressurgit. Les couples se remettent à danser, les enfants à jouer, les cavaliers montent en selles pour de folles chevauchées.

 

Pierrette Godde  juin 2007

    L’Association « Les Murs de la Tuilière » est née du désir de faire vivre des oeuvres d’artistes en pleine nature. Ses fondateurs, Pierrette et Gérard Godde ont créé à Saint-Marcellin les Vaison un cirque de terrasses grand ouvert sur les collines boisées offrant un écrin exceptionnel à ce projet.

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